La Boulangerie Georges en pleine expansion

(SHERBROOKE) En opération depuis 70 ans, la Boulangerie Georges de Sherbrooke entrera bientôt dans une nouvelle vie, grâce à un investissement de l'ordre de 6 millions $ pour l'expansion de l'entreprise.

Avec la construction de la nouvelle boulangerie, "on passera de 16 000 pieds carrés à un espace de 42 000 pieds carrés", précise Denis Fortier, vice-président directeur des ventes.

La construction des nouvelles installations, rue King Est, sur le terrain qui est le deuxième voisin des installations actuelles, a commencé le 1er octobre dernier. Interrompus pendant la saison froide, les travaux reprendront le 1er mars et on pourra commencer à y produire le pain à compter de l'automne 2008.

"Le transfert de production sera complété en février 2009", précise cependant Luc Fortier, vice-président directeur des opérations. Et les locaux actuels de la boulangerie seront vendus.

Pourquoi un tel agrandissement?
"On bouge pour se donner une capacité de production et pour baisser nos coûts de revient", signale Denis Fortier. "Et pour être en mesure de mettre de nouveaux produits sur le marché... Notre équipement sera plus automatisé", ajoute aussitôt son frère Luc.
En fait, l'entreprise qui compte près de 40 employés manque d'espace pour un peu de tout: l'entreposage des produits prêts à la livraison, l'espace de production, l'espace des farines et ingrédients à fabrication du pain, l'espace pour les bureaux, et l'espace pour les camions.

"L'agrandissement entraînera la création de deux à cinq emplois", souligne Luc Fortier. "On couvre Sherbrooke dans un rayon de 35 kilomètres environ, et il y a encore du potentiel d'expansion".

Avec ses camions, la boulangerie assure sept routes de livraison dans les restaurants, épiceries et chaînes d'alimentation de la région. Ses différents produits de pain sont répartis en 36 emballages, par exemple de blé entier, de pain à hot-dog ou à hamburger ou à sandwich, ou des beignes.

"On avait le terrain pour agrandir depuis une dizaine d'années", signale Claude Fortier, président "à temps partiel" de l'entreprise, qui est le père de Luc et Denis.

"Quand mon père a parti l'entreprise, en 1937, rappelle Claude Fortier, il y avait neuf boulangeries à Sherbrooke. Aujourd'hui nous sommes les seuls." L'entreprise est en somme à un tournant, un peu comme elle l'était en 1971 lorsqu'elle a cessé la vente par les maisons.

À 81 ans, en forme resplendissante, Claude Fortier se présente tous les jours à la boulangerie et il vaque à quelques occupations administratives. Il ne se mêle pas de la fabrication et ne s'en est d'ailleurs jamais mêlé. Il préférait les ventes.

"On veut répondre adéquatement à la demande institutionnelle" du marché, explique-t-il toutefois au sujet des projets de l'entreprise, mais en précisant que ses fils se chargeront de mener à terme ces grandes orientations.

En tout cas, "l'équipement sera plus automatisé", fait remarquer son fils Denis, ce qui permettra à la boulangerie d'être compétitive dans cet univers contrôlé par des entreprises dirigées de l'extérieur du Québec, soit Weston et Canada Brand.

Pourquoi la Boulangerie Georges n'a-t-elle jamais été vendue, au fil du temps? "J'ai eu plusieurs offres d'achat, explique Claude Fortier. La dernière remonte au milieu des années 1980. Ç'a toujours été non: on serait devenus minoritaires".

Texte complet dans La Tribune.